Trail de la Croix des Carmes : épopée naturelle

Trail de la Croix des Carmes : épopée naturelle

Ce qui définit le cachet d’un trail, c’est avant tout le cadre qu’il permet de découvrir. Le trail de la Croix des Carmes n’est pas en reste puisque qu’il propulse ses coureurs dans un environnement empreint d’histoire. Empruntez les sentiers de la Grande Guerre !

Une équipe de passionnés

Le trail de la Croix des Carmes est avant tout une histoire de famille. En effet, tout commence avec deux cousines qui courent ensemble et avec leur oncle et leur tante : la MP Trail 54 des origines. Ambitieux dans leur pratique, ils sillonnent la France pour s’essayer à tous les longueurs et les météos en découvrant des paysages méconnus. Leur passion dépasse progressivement la simple pratique et ils décident d’aller plus loin en s’essayant à l’organisation ; deux autres membres de la famille les rejoignent pour mener à bien ce projet.

Trail de la Croix des CarmesCet amour du trail se ressent clairement dans l’organisation de l’événement. Effectivement, les coureurs des deux premières éditions reconnaissent la qualité du travail fourni par l’équipe. La première édition officieuse de 2014 s’est déroulée entre initiés et a été un franc succès. En 2015, la première édition officielle a eu lieu avec presque deux fois plus de coureurs, malgré une centaine de coureurs qui n’ont pas pu y participer par manque de place. Cette année, la 3ème édition se déroulera le 23 Octobre.

Deux formats sont proposés :

  • le trail de la Croix des Carmes : 25 km pour un dénivelé positif de 800 m
  • le mini trail Croix des Carmes : 12 km pour un dénivelé positif de 300 m

Pour en apprendre plus sur le monument de la Croix des Carmes, on vous invite à lire l’article sur Wikipedia à ce sujet, comme toujours très informatif.

Trail nature et histoire

Ce qui rend le trail de la Croix des Carmes vraiment différent de tout autre est son ancrage historique. Le site est un monument commémoratif de la Première Guerre mondiale : il a été le théâtre d’affrontements acharnés entre les armées allemandes et françaises pendant trois ans. En effet, au-delà du sentiment de connexion avec la nature que les trails classiques peuvent inspirer, celui-ci offre une possibilité unique : une connexion historique. Ainsi les coureurs empruntent les mêmes tranchés qui ont abrités des affrontements un siècle plus tôt : l’essentiel des singles passe dans les tranchées. Claustrophobe s’abstenir !

L’ambiance n’était pas en reste puisque le trail a déjà plusieurs partenaires. Parmi eux, la boutique Sport 2000 a fait le déplacement pour proposer ses produits et son expertise. Il y avait également le site internet de nutrition sportive Nutri-Bay.com qui se tenait à disposition pour dispenser des conseils nutritionnels aux athlètes qui venaient à sa rencontre, a doté chaque coureur d’échantillons.

L’avis de Julien, coureur du 25 km en 2015

Une reprise difficile

Chaque année, en octobre, c’est la fin de ma saison. Chaque année, en octobre, je me dis « Cette fois-ci, tu restes sérieux, tu t’entretiens un minimum » et malgré tout, chaque année en février je constate les dégâts d’un hiver qui m’a fourni les meilleures excuses du monde pour rester à grignoter devant la télé plutôt que d’aller m’entraîner.

Mais cette année, en octobre, j’ai décidé que pour ne pas flancher je devais me fixer un objectif. Alors pourquoi ne pas essayer le Trail ? Après tout, je m’entraîne souvent en campagne et dans les forets autour de chez moi. Ça glisse, ça éclabousse, ça colle, mais c’est très plaisant.

A partir de là, tout s’enchaîne. J’appelle mes potes pour connaitre leur programme et ils me parlent de ce Trail à Pont-à-Mousson (54) fin octobre, le trail de la Croix des Carmes. Je me renseigne. 25 km, je me dis que ça ira (en réalité, je pense même « facile ! »). Je m’inscris. C’était moins une. Quelques jours plus tard, la course était victime de son succès et tous les dossards avaient trouvé preneurs.

Une ambiance familiale

Le matin du départ, je rejoins les copains et je suis tout de suite conquis par cette ambiance chaleureuse, tout le monde semble se connaitre, se parle, se tape dans le dos. Les bénévoles de l’organisation sont déjà à pied d’œuvre et tout se déroule à merveille. J’ai du mal à croire que c’est là leur première édition officielle.

Top Départ ! On traverse la route et hop, ça monte déjà. 1 Km plus loin, mince, ça monte encore ! Au deuxième kilomètre, bon sang, ça monte toujours. « Facile qu’il disait ! ». C’est très compliqué. Les mollets souffrent et j’ai le souffle court. Mon métabolisme de coureur bitumeux en prend pour son grade. J’ai l’impression de ne pas avancer. C’est frustrant. Je souffre. C’est étrange, mais ce n’est pas désagréable, enfin pas trop. Au sommet de la première ascension (je sais que nous sommes loin des Alpes, mais c’est ainsi que je l’ai vécu), commencent les singles.

profil tccSur les sentiers de la Grande Guerre

Nous courons en forêt, au beau milieu d’un champ de bataille de la première guerre mondiale. Le tracé file à travers les boyaux et les tranchées. Il en sort parfois, au prix d’un effort brusque, fonce à travers le bois, plonge dans des trous d’obus aux parois si raides que les organisateurs y ont installé des cordes pour nous aider à en ressortir.

D’un point de vue relief, je me souviens que globalement ça monte et ça descend sans cesse. Les fameux singles ne permettent pas de doubler. En tout cas, c’est assez périlleux. Alors on s’efforce de suivre celui ou celle de devant tout en sentant celui ou celle de derrière qui vous « pousse ». Quand on a enfin pris le truc, ça va vite, très vite ! Le paysage est magnifique et il défile rapidement. C’est grisant.

Voyage sensoriel et historique

Une fois ma vitesse de croisière stabilisée, je m’ouvre littéralement à l’environnement. Tous mes sens sont affolés, l’odeur du bois est délicieuse et les couleurs de la nature en automne sont somptueuses. Le silence est saisissant. Seul le bruit de nos respirations et le rythme de nos foulées perturbe un peu, le temps d’un passage éclair, la paisibilité de cet endroit. La boue sèche sur mes mains et sur mes jambes. Le goût aurait pu se sentir lésé, mais les ravitaillements très généreux lui ont donné de quoi participer à la fête.

Je m’éclate, je souffre, je donne tout ce que j’ai et pourtant ma montre indique qu’à chaque kilomètre, je rends irrémédiablement des dizaines de secondes à mes chronos de références.

Arrive la dernière descente, nous fonçons à pic sur la ligne d’arrivée. Mon corps se réjouit du repos qui l’attend, mais mon cœur vibre déjà de l’impatience d’y retourner. Sous l’arche tout le monde est là. Les bénévoles, les autres coureurs et les spectateurs. Immédiatement on se félicite les uns les autres. En fait, tout le monde ne se connait pas. Tout le monde est juste trop sympa. Le débriefing commence à chaud, encore essoufflés et se poursuit à table avec un repas champêtre et une chope de bière artisanale.

Chaque année en octobre, j’irai courir le trail de la Croix des Carmes.

Retrouvez MP Trail 54 sur leur site ou leur page Facebook.

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