Trail des Coursières : montagnes russes dans les Hauts du Lyonnais

C’est entre Saint-Etienne et Lyon, à Saint Martin en Haut qu’a lieu le Trail des Coursières, un ultra apprécié pour la beauté de ses paysages. Organisé le 7 Mai, il marque pour beaucoup le début de la saison. Il constitue une préparation de choix pour l’UTMB, tenu deux mois plus tard.

Deux tracés exigeants

À Saint Marin en Haut, à l’aube le départ est donné pour un périple de 103 km avec près de 4 200 m de dénivelé positif. Un second tracé de 48 km avec 1 900 m de dénivelé est proposé, il peut être couru seul ou en relais pas équipe de deux. Le départ se tient à Saint-Symphorien au kilomètre 55 du parcours de l’ultra. Le trail des Coursières très technique qui demande une bonne gestion de l’effort avec le dénivelé conséquent.

Trail des Coursières
Profil technique du Trail des Coursières (Ultra – 102km)

Les dénivelés ne sont pas concentrés mais au contraire répartis presque équitablement tout le long du tracé. Une alternance entre phases d’ascension et les descentes pour 102 kilomètres de montagnes russes ! Les coureurs de la Saintélyon ne sont pas complètement dépaysés puisque certaines parties du tracé sont partagées par les deux courses. Le tracé du Trail des Coursières intègre de nombreux points de vue saisissants et des passages culturels (saint Symphorien sur Coise, Riverie, Château de Pluvy, La borne Cassini au sommet du Signal de Saint-André…).

En 2015, ce sont 212 trailers chevronnés qui ont pris le départ de l’ultra, plus de 280 coureurs sur le 48 km solo et 52 équipes sur le relais. De très nombreux coureurs sont des habitués qui reviennent d’une année sur l’autre, charmé par les paysages, le tracé demandant et l’équipe de bénévole aux petits soins.

L’ultra Trail des Coursières offre 5  points qualificatifs pour l’UTMB tandis que le 48 km offre 1 point qualificatif.

Une organisation de passionnés engagés

Les coureurs s’accordent tous sur un point : l’équipe de bénévoles est vraiment exceptionnelle. Elle redouble de petites attentions pour encourager les coureurs et les mettre à l’aise. Cela ressort très nettement dans le livre d’or de la course.

L’association organisatrice du Trail des Coursières, ATOS (Association Trail Organisation Solidarité) a pour objectif de partager la passion du trail avec des personnes handicapées. Ainsi, depuis 2013 l’acquisition de deux joëlettes a permis d’organiser des randonnées le jour du trail, sur le même parcours : en 2013, 33 km ont pu être parcourus en joëlettes, un beau moment de solidarité.

L’engagement du trail des Coursières ne s’arrête pas là. Leur moto, « Pour que l’esprit trail demeure » se ressent dans les choix de l’organisation et l’implication des bénévoles. En effet, le trail résiste aux augmentations annuelles des frais d’inscription qui sont fréquentes. Les frais d’inscriptions n’ont pas bougé depuis 2008. Pour 40€ (pour ceux qui s’y prennent tôt), les ravitos sont fréquents et bien garnis, un repas d’après course est organisé, une veste sans manches est offerte à tous les finishers, un buffet est tenu le dimanche lors de la remise des prix. Le tout avec 1 euro par inscription reversé pour le Népal et le reste des bénéfices reversés à l’association ATOS. C’en est plus qu’assez pour rebuter la fameuse règle du 1€ par kilomètre.

Pour une escapade nocturne dans la région, essayez la Saintélyon.

On vous laisse en compagnie d’Elric Baccolini pour un témoignage de première-main. Si vous cherchez un compte-rendu du Trail des Coursières riche en images, on vous invite à lire celui d’Alexandre Laville sur naturellement-trail.com

Le témoignage d’Elric, coureur de l’ultra Trail des Coursières

Salut les runners et les runneuses bien entendu!!!

Premier ultra en découverte totale

Samedi 7/05/16 – 5h du matin : Gymnase municipal de St Martin en haut (69) : 14 degrés. Le décor est planté. Un dernier débrief avec mon pote Steven, pour l’assistance, les jambes sont prêtes. J’ai fait ce qu’il faut à l’entrainement avec mon coach Michel Bowie. La tête semble bien boulonnée, j’ai envie de bien faire mais je pars dans l’inconnu. Je ne connais personne, je ne connais que peu le parcours, je ne connais absolument pas la distance donc restons calme. S’il y a la place on prendra ce qu’il y a à prendre mais pour le moment je ne mémorise qu’une seule image, l’arrivée… Voilà l’objectif revenir dans ce gymnase… avant minuit.

Je suis surpris par le rythme dès le départ et je me dis que je vais la jouer prudente car sincèrement je suis parti pour 103 kilomètres pas pour 30. Je me cale dans le peloton et je profite de cette partie de nuit à cavaler comme un gamin dans les chemins et cela me fait un bien fou. Les kilomètres passent et au 18ème, je suis peu être moins attentif dans une descente et je me flingue un genoux. Torsion importante sur le côté droit, à ce moment précis le plan de course se modifie net car je comprends immédiatement que l’on va déjà essayer d’aller au premier ravito, au km25.   IMG_2173

Auto persuasion

Une fois arrivé, je retrouve les copains et je profite de l’assistance parfaite de Steven pour continuer à avancer, marcher et ne rien lâcher. Le premier ravito solide est à Duerne Km34 donc cela devient mon prochain objectif. Je longe le lac d’Yseron, je vois un pêcheur sortir une joli truite, cela me rappelle ma jeunesse. Il faut comprendre que je fonctionne beaucoup par image positive et que je me parle à voix haute pour que mon cerveau se bloque sur du positif. Dans la situation dans laquelle je me trouve avec un mal de chien, tout le positif est bon à prendre. Une longue montée me rassure car dans le D+ je n’ai aucune douleur. Par contre dès que je rencontre une descente si petite soit elle, il est clair que je souffre de plus en plus.

J’arrive à DUERNE, et je profite de me trouver au Km34, je prends la décision de continuer. Pourquoi? très clairement pour ma famille restée à la maison, pour Steven mon pote qui se lève le derrière pour moi depuis le matin 5h, et pour les bénévoles qui sont d’une gentillesse incroyable. C’est la meilleure ambiance que j’ai rencontré sur un trail depuis que je cours. Je repars direction la base de vie du km55, qui était déjà mon premier objectif avant même que je prenne le départ.

Aperçu du Mont Blanc

Une multitude de petites bosses s’enchaînent et autant de descentes. Les paysages sont vraiment très sympas et je suis heureux malgré la douleur qui s’intensifie. Le parcours devient vite une grosse galère pour moi, mais je sens que ma tête ne lâchera pas et qu’en serrant les dents je peux aller au bout donc je ne suis plus qu’à quelques kilomètres de la base de vie. Les gens au bord des sentiers sont tous supers sympas. Je profite une nouvelle fois de la vue sur le Mont Blanc au loin.

J’ai l’impression de voir ma maison (je vis à quelques kilomètres du mont blanc) je regarde l’heure, j’imagine ma famille, le bruit des enfants, le petit déjeuner avec mon épouse et les petits etc… Je me greffe encore des images positives dans la tête, je relève la tête, le moral est au beau fixe. Voilà la base de vie. Une fois de plus on trouve tout le confort, le médecin me donne du doliprane et là miracle.

Ça fait mal ?

Quelques minutes après plus aucune douleur, mais je ne suis pas débile, je sais que quand tout aura fait son effet je vais morfler de nouveau. Steven dans combien est le prochain ravito? 11kms! Ok on y va… Je respecte ma stratégie d’avant course c’est à dire 3 ou 4 minutes par ravitaillement. Je repars en marchant rapidement avec mon assistance. Sorti de la base de vie, du bitume puis on plonge dans la forêt le long d’une rivière magnifique où j’ai pu humidifier à de nombreuses reprises ma casquette ce qui me fait un bien fou. Une fois de plus, les enchaînements de montées et de descentes vont laisser quelques traces au niveau des jambes. Je trouve un compagnon de route qui est de CAEN, et qui est super sympa, on papote, on fait les fillasses et au final on arrive gentille ment au ravito du 66ème.

De beaux paysages pour sauver le moral

Au km67 je repars avec comme seul objectif atteindre le km77. Je commence à morceler ma course pour éviter de me dire qu’il me reste encore pas mal de kilomètres et surtout du dénivelé. On se trouve dans des forêts plus denses et on traverse des champs vraiment magnifiques ce qui donne une impression de liberté énorme. J’adore ce sentiment où tu cours, tu en baves c’est certain, mais tu te sens libre de tes mouvements et ce sentiment de te sentir intouchable. Là je vais vivre pourtant une période des plus compliquée dans ma tête. Je commence à avoir envie de chialer. Je cherche le positif mais le négatif a pris le dessus.

J’ai mal, j’ai envie de vomir, j’ai chaud etc… Bref je suis dans le dur mais de chez dur. La boue fait son apparition dans les bois. On passe près des anciens aqueducs enterrés et sincèrement c’est superbe comme endroit. Mes jambes ne veulent plus, enfin si, mais mon genoux non ! Mon moral est en train de céder… Je me parle, je me motive, je pense positif. J’entends une petite voix me dire que le positif appelle le positif. Là, à un moment où je suis proche d’exploser, qui est ce qui se bouge pour venir à ma rencontre? Steven ! Je suis ravi de le voir, il va remettre de l’essence dans le moteur que je représente ma tête et l’importance que cela a quand le corps dit stop.

trail coursières

L’heure de la revanche

Dans ma stratégie de course je savais qu’un endroit de la course allait pour moi être très complexe: le passage entre le 77ème et le 94ème où se trouve l’ultime ravito. Pourquoi? Et bien parce que c’est le passage dans le village de Sainte Catherine. Là où j’ai posé les valises de mes ambitions sur la Saintélyon, là où j’ai abandonné. Cette foutue montée, je l’ai vue et revue, j’y ai pensé et là elle va bientôt être là devant moi. Je la passe sans encombre et les bénévoles au sommet sont une nouvelle fois plus que géniaux. Je peux maintenant plonger dans l’inconnu total. J‘ai battu mon record de kilomètres. Chaque pas me rapproche du fameux gymnase de St Martin.

Je me fait doubler par des concurrents qui me déposent littéralement et je n’y arrive plus. Mon regain de moral est laissé aux oubliettes et ma douleur au genoux prend le pas sur le reste. Je vais traversé une fois de plus des paysages incroyables. Je vais regarder devant moi, et penser positif en me disant que clairement je cours pour ceux qui ne le peuvent pas. Je passe un point de contrôle et je retrouve là encore Steven. Fidèle au poste, il est là, serein, me disant que je suis presque au ravito et c’est maintenant que cela va se jouer dans la tête. On arrive à cette fameuse montée du signal, je vous la conseille, c’est très sympa surtout au 92ème. Steven va littéralement me traîner car j’étais pourtant frais mais mon genou est vraiment mort.

Frayeurs au dernier ravito

Nous voilà au ravito du 94ème, situé je pense dans un garage personnel. A la vue des têtes de mes collègues participants, j’ ai rapidement compris que ce ravitaillement était un repère de gens qui allait abandonner et qui se sentaient vraiment mal.

Je repars au forceps et tire le maximum de moi même. Je sais que je peux le faire et que maintenant sauf catastrophe je suis finisher. C’est le cœur gros et le pas lourd que je vais rallier l’arrivée. La musique, le speaker, les saucisses lentilles, la ligue 1, etc.. sont autant d’éléments qui me booste de manière folle. Voilà le gymnase, il est là à 1km me dit on, c’est en fait 3 kilomètres encore qui m’attendent. Ils sont interminables, difficiles car tu vois ce foutu gymnase… Tu le vois et bien me voici les amis, j’entre dans le gymnase, la musique, le speaker, les potes, la fierté de Bruno d’avoir couru 48kms pour la première fois. Les émotions sont là, les jambes aussi et la tête aussi. Je ne vous cache pas que je suis là encore comme un gosse.

Finalement l’ultra trail des coursières restera pour moi comme la plus longue balade avec moi même effectuée.

Quel bonheur, quel plaisir, quels BENEVOLES, quel staff.. bref un super trail, dans de très beaux décors et un souvenir à jamais dans ma tête.

Merci à vous tous pour cette aventure extraordinaire.

Elric au Trail des Coursières.

Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le partager avec les boutons ci-dessous : pour chaque partage, l’écureuil de milepaKr gagne une noisette ! Vous l’avez couru ? Donnez votre avis dans le formulaire à votre droite.

Donnez votre avis sur cette course

Plus d’informations sur le site de l’organisateur

Avis des coureurs

3 avis ont été recueillis

Impression Générale:4.75 Stars (4.75 / 5)
Ambiance:4.75 Stars (4.75 / 5)
Organisation:4.75 Stars (4.75 / 5)
Respect de l'environnement:4.75 Stars (4.75 / 5)

Claudia : J’ai fait « seulement » les 49 km, mais c’était déjà  un grand défi  pour moi. La course est magique, l’ambiance super, l’ organisation parfaite, le parcours magnifique. Merci pour cette aventure

NicolasUn Trail éprouvant mais une équipe d’organisation au top, des bénévoles impliqués et généreux. Merci à tous!

Paul: Le Trail des Coursières est très technique (beaucoup d’abandons) mais un vrai challenge! Je conseille vivement.

1 commentaire

  1. Astrid Roussel
    at 3:56

    Super organisation, avec des bénévoles au top !

Partager

Trail des Coursières