130 39 Sandhamn, Sweden

Le SwimRun : d’îles en îles et de pays en pays

Emeline

Venu de Suède, le SwimRun est une discipline mêlant course et nage. Sur l’épreuve originelle, les coureurs doivent gérer 26 transitions entre les deux. Il s’exporte désormais en Europe et dans le reste du monde. Découvrons ensemble cette nouvelle épreuve combinée qui met les coureurs et nageurs face à la nature.

La naissance du SwimRun

Les sports d’endurance en outdoor se diversifient et le SwimRun incarne parfaitement ce que recherchent désormais certains coureurs. Il s’agit de repousser ses limites en affrontant la nature à son état le plus sauvage.

Le SwimRun est né d’un pari lors d’une soirée en Suède il y a plus de dix ans. Le défi était de rejoindre l’île d’Ötö depuis Sandham soit un parcours de 75 km kilomètres dont 10 km de nage dans la mer Baltique. Les premiers à l’avoir fini ont mis plus de 25h. Ils étaient encore peu habitués aux transitions entre les phases de nages et les phases de courses. La course est ensuite devenue officielle même si les premières éditions ne comptaient que quelques coureurs : 9 équipes étaient au départ du tout premier SwimRun d’Ö till ö.

Les règles sont peu nombreuses et très simples. La course se fait en équipe de deux, les binômes sont reliés mutuellement par une élastique de traction. Le parcours se fait en autosuffisance et certaines barrières horaires sont imposées. En dehors d’un sifflet obligatoire pour chaque coureur, il n’y a que peu de restrictions quant au matériel autorisé. Seuls les moteurs ou flotteurs de trop grande taille sont interdits.

Ö till ö SwimRun

L’attirail pour devenir amphibien

Après les premières éditions où les coureurs essayaient différentes stratégies, certains mêmes se changeaient entre chaque phase de course et de nage, l’équipement tend à se standardiser progressivement. Une formule gagnante pour devenir un coureur amphibien émerge.

La combinaison néoprène s’établit comme un indispensable. Face aux variations de températures et surtout aux températures très basses de l’eau les coureurs doivent se prémunir contre le froid. Des combinaisons spécifiques pour le SwinRun sont désormais disponibles. Elles comportent une fermeture éclair devant et derrière pour faciliter les transitions, des petites poches intérieures, les épaules souples et des flotteurs au niveau des jambes.

Sur les chaussures les choix sont plus variés, elles doivent malgré tout répondre à deux besoins essentiels. Tout d’abord, une bonne adhésion pour la course qui se fait sur tout type de terrain. Ensuite, elles doivent de ne pas être trop gênantes pour la nage. Les chaussures de trail avec quelques trous dans la semelle pour faciliter l’évacuation de l’eau en sortie de natation sont un choix récurrent.

De nombreux coureurs utilisent également des flotteurs de petite taille. Un bricolage populaire à base de pullboy et chambre à air de vélo permet de faire tourner le pullboy autour de la cuisse. Cela permet qu’il soit idéalement positionné pour les passages dans l’eau mais qu’il ne gêne pas pendant la course.

Finalement, pour compléter leur attirail, certains coureurs utilisent des sacs à dos hermétiques d’autres des bouées… Chacun son joker.

Ö till ö : le SwimRun originel

Le tout premier SwimRun a donné le ton à la discipline autant par la distance conséquente que les coureurs doivent parcourir que par les conditions auxquelles ils doivent faire face. Le tracé se déroule dans l’archipel de Stockholm, dans un cadre naturel encore très préservé : les courses se font sur des rochers, dans des forêts et rarement sur un chemin et la nage dans la mer Baltique pour passer d’une île à la suivante. La configuration du parcours est à l’origine du nom de la course : Ö till ö signifie « d’île en île » en suédois.

Organisé en Septembre avec une température moyenne d’environ 15°C, le départ se fait à l’aube et après à peine un kilomètre de course pour s’échauffer, les participants se lancent dans la plus longue phase de natation du parcours : 1750m dans une eau à 13°C (en 2015) qui sont complétés en 30 minutes pour les nageurs les plus rapides.

La nage et la course s’alternent ensuite plus rapidement avant de retrouver l’équivalent d’un semi-marathon sur l’île d’Ornö dans le dernier tiers du parcours. Le tracé compte 75 km avec 65 km de course, 10 km de nage et 26 transitions entre les deux.

Une discipline mondiale ?

Après des débuts assez confidentiels en Suède, la discipline est désormais plus répandue ; des sportifs du monde entier viennent en Suède pour participer au SwimRun originel et découvrir ce nouveau sport. En Europe, le phénomène se répand. Il y a désormais des SwimRuns organisés dans la plupart les pays du continent. La Suède reste le pays proposant le plus d’épreuves mais le Danemark, l’Italie et l’Angleterre ne sont pas en reste.

Emeraude SwimRun
Emeraude SwimRun

En France, plusieurs SwimRuns ont lieu depuis 2015 dont :

  • Le Swim Run de Saint-Quentin : premier Swim Run en France, la course a eu lieu pour la première fois en 2015. Le départ est donné au Port Gayant, en plein centre-ville à proximité de la gare. Le tracé correspond à un tour de 8 km que les participants peuvent boucler une ou deux fois.
  • L’Émeraude SwimRun : organisée en Bretagne, à Saint-Briac-sur-Mer propose un tracé cumulé d’une vingtaine de kilomètres avec 6 tronçons de natation cumulant 4100 m au total et 7 tronçons de trail pour un total d’environ 15 900 m.
  • Le Troll Enez Morbihan : dans les grandes îles du Golfe du Morbihan le tracé relie Séné à Vannes avec une distance totale de 50 km environ dont 9 km de  natation et 41 km de course à pied.  Organisée pour la première fois en Octobre 2015, la course n’aura pas lieu en 2016 et reprendra l’année suivante.

Pour se renseigner sur les Swimruns à venir en France, vous pouvez consulter ce site maintenu par des passionnés. Pour ceux qui recherchent leur prochain SwimRun, le site SwimRun France propose une liste des courses à venir.

Un sport sans fédération ?

La discipline n’a pas de fédération mais l’épreuve d’Ö till ö est reconnue comme le championnat mondial : face aux succès, les organisateurs ont dû organiser un système de tirage au sort et refuser l’inscription des coureurs n’ayant pas assez d’expérience. Avec ou sans fédération, le SwimRun fait de plus en plus d’adeptes, souvent des triathlètes en quête de sensation nouvelles, d’un défi plus proche de la nature : en SwimRun, c’est avant tout l’expérience et les sensations qui priment.

Si le triathlon constitue une lutte contre soi-même, le SwimRun y rajoute une dimension : les coureurs doivent se dépasser en faisant face aux éléments.

Merci à Jakob Edholm / ÖTILLÖ 15 pour la superbe photo de couverture.

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1 commentaire

  1. Nicolas Monier
    at 3:59

    Je ne connaissais pas le swimrun et votre article m’a donné envie de m’y essayer. Merci.

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