Le Marathon des Sables : épopée Saharienne

Le Marathon des Sables est une course à pied en plein désert du Sahara au Maroc de 250 Km environ couru en 6 jours, réputé comme l’une des courses les plus dures au monde ; succès incontestable, la 31e édition a eu lieu en Avril. Depuis 2013 une septième journée correspondant à une étape de solidarité est proposée aux coureurs. Plus que son cadre exceptionnel, c’est toute la philosophie et l’histoire du MDS qui a contribué à l’inscrire dans la légende… À la découverte du mythe !

Un mythe fondateur

.@marathonDsables : en 1984 Patrick Bauer se lance dans un parcours de 350km en solitaire Click To Tweet

Qui de mieux que l’organisateur lui-même pour ouvrir le bal ? Sans savoir ce qu’allait être le Marathon des Sables à l’époque, en 1984 Patrick Bauer se lance dans un parcours de 350km en solitaire et en autonomie totale en plein désert du Sahara : pas d’autre choix face à ce grand vide inhabité. Il lui faudra ainsi douze jours pour achever son périple. Deux ans plus tard, en 1986 ce sont 23 pionniers qui prennent pour la première fois le départ du premier Marathon des Sables. La course prend progressivement de l’ampleur dans les années qui suivent, elle est même maintenue en 1991 malgré la Guerre du Golf. Dans les années qui suivent, la participation bat sans cesse des records. Le départ de la course est donné sur Highway to Hell pour annoncer subtilement la couleur aux coureurs.

L’incarnation du mythe : Lahcen Ahansal

Marathon des Sables
Mohamad Ahansal au Marathon des Sables

La même année le départ du Marathon des Sables est donné à Zagora, la ville natale de Lahcen Ahansal ; sans dossard, il prend le départ malgré tout et se classe deuxième. Il laisse volontairement passer devant lui un coureur pour ne pas remporter la course sans dossard. C’est le début de son histoire très personnelle avec la course. Il enchaîne les belles performances mais c’est seulement six ans et cinq participations plus tard, en 1997 qu’il la remporte enfin pour la première fois. Avant de commencer la plus longue série de victoire ininterrompue du MDS, son frère, Mohamad Ahansal lui dérobe la première place l’année suivante.

À partir de là, Lahcen entame sa légende personnelle : 9 victoires consécutives de 1999 à 2007. 2007 marque sa dernière participation et son frère Mohamad, lui aussi habitué de la course, reprend immédiatement le flambeau en 2008 et remporte 3 éditions consécutives jusqu’en 2010 puis signe une cinquième victoire en 2013. À eux deux, les frères Ahansal ont ainsi remporté 15 des 31 éditions de l’épreuve.

.@marathonDsables : À eux deux, les frères Ahansal ont remporté 15 des 31 éditions de l’épreuve Click To Tweet

Succès et engagement écologique

Chaque année le succès de l’épreuve va grandissant. 1254 participants venus du monde entier étaient au départ de la 31e édition de l’épreuve le 03 Avril 2016. Plus que le désert, le caractère unique de l’épreuve se manifeste dans les conditions drastiques qui sont imposées aux coureurs : tout comme la première course de Patrick Bauer, le Marathon des Sables se dispute entièrement en autosuffisance alimentaire : chaque coureur transporte sa nourriture et son matériel soit environ 35 Kg d’équipements à porter continuellement sur son dos.

Marathon des Sables

En outre, Atlantide Organisation, l’équipe organisatrice de l’épreuve s’est engagée depuis la troisième édition pour minimiser son impact écologique. Ainsi, toutes les bouteilles distribuées aux coureurs sont numérotées et une pénalité est appliquée à ceux qui s’en seraient séparés sauvagement. Les déchets engendrés par l’évènement sont traités sur place grâce à un four à auto-combustion. Chaque année, diverses actions sont entreprises afin d’aider les populations aux alentours : pose de chauffe-eau solaire, installation de pompe solaire sur les puits. En 2013, la moitié de l’électricité consommée par les installations du Marathon des Sables étaient produite grâce à l’énergie solaire.

.@marathonDsables : En 2013, 1/2 de l’élec consommée par le MDS produite grâce à l’énergie solaire. Click To Tweet

Repousser ses limites

Sommet du dépassement de soi, le Marathon des Sables est l’épreuve de toutes les difficultés : distance, température, météo, hydratation, nourriture… Elle ravira ceux qui sans cesse repoussent leur limites et offre matière onirique aux nombreux qui comme nous ne sont pas (encore) en mesure de le courir.

Pour en savoir plus sur l’épreuve, vous pouvez lire les deux comptes-rendus réalisés par Cécile Bertin sur l’édition 2011 et l’édition 2012 ou encore celui de Christophe le Saux, plus synthétique (2014).

Enfin, pour un avis plus personnel sur l’épreuve, on vous laisse en compagnie de Réné Grosbusch, 7 fois finisher du Marathon des Sables : cette année, il l’a couru avec son fils Goy pour la première fois. C’était la deuxième participation de Goy.

Le témoignage de René Grosbusch, participant du MDS avec son fils Goy

Nous avons décidé avec mon fils Goy de prendre part au Marathon des Sables cette année, je l’ai moi-même couru cinq fois sans sa compagnie ; cette fois-ci, nous voulions vivre ensemble cette expérience. Nous sommes donc allés à Zagora pour revivre avec mon fils les dunes du Sahara sud-marocain sous une tente du bivouac du MDS et contempler chaque nuit le ciel étoilé du désert, redécouvrir le jaune des dunes, le noir des plateaux caillouteux, le blanc des lacs asséchés, l’orange du sable et le vert de l’herbe à chameaux.

6 départs tout aussi difficiles

L’heure du départ arrive et même pour ma 6ème participation, rien n’est facile : je connais la difficulté qui m’attend. Heure de vérité ! Toutes mes participations précédentes n’y changent rien, le Marathon des Sables reste une des courses les plus difficiles au monde. Nous savions que nous allions vivre des coups durs mais nous avons gardé à l’esprit notre objectif de terminer cette course sans trop souffrir.

Nous sommes plus de 1000 sur la ligne de départ. La musique de ACDC « Highway to Hell » retentit 3,2,1 c’est parti ! L’angoisse d’un éventuel abandon revient à l’esprit.

Nous étions bien préparés et l’expérience des éditions précédentes nous a aidé à gérer les étapes. Seul bémol, le choix de notre nourriture. Après 3 jours de course nous avions du mal à avaler nos plats lyophilisés. Il faut malgré tout garder le moral pour ne plus ressentir la douleur, la fatigue, la pénibilité de prendre appui dans le sable ou de supporter le sac à dos. Les difficultés du MDS sont évidentes : la chaleur permanente, le sac très lourd à porter continuellement et finalement le terrain bien peu accueillant.

Highway in the Sand

Pendant la course, l’ambiance est très conviviale. Les coureurs partagent leurs expériences et on rit beaucoup. Mon fils et moi avons adoré ces moments passés avec nos compagnons de route : loin du stress de la vie quotidienne et du confort matériel, on se concentre sur l’objectif conséquent qui est devant nous. Pendant l’effort de vrais liens se nouent. L’organisation est exceptionnelle compte-tenu des enjeux et des dangers de l’événement, le soutien apporté aux coureurs par l’équipe du MDS est sans faille.

Goy et moi étions tout simplement heureux d’être là !

Bonheur du finisher

Nous sommes fiers d’avoir pris part tous les deux à cette aventure et d’en être venu à bout : notre objectif a été atteint, le résultat est très satisfaisant. Goy et moi-même sommes très, très fiers et pas mal émus de partager ce moment ensemble. C’était un moment d’exception avec mon fils ; l’occasion de découvrir la nature et des paysages insolites, de vivre des expériences fortes en émotions, loin des obligations professionnelles et des considérations matérielles. Grâce à cette épreuve, nous nous sommes d’avantage unis et nous avons bâtis une complicité exceptionnelle.

Enfin, nous avons tout simplement passé un moment unique dans le Sahara, heureux et ensemble face à une belle épreuve.

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Plus d’informations sur le site de l’organisateur

Avis des coureurs

3 avis ont été recueillis

Impression Générale:4.66 Stars (4.66 / 5)
Ambiance:5 Stars (5 / 5)
Organisation:4.66 Stars (4.66 / 5)
Respect de l'environnement:5 Stars (5 / 5)

Michel : Plus qu’une course, le Marathon des Sables est une expérience, une leçon de vie en autonomie. Un grand merci à tout l’équipe d’organisation pour avoir créé et développé cette aventure hors du commun dans le désert. J’en garde des souvenirs magnifiques malgré la difficulté du parcours.

1 commentaire

  1. Florence Nicolas
    at 3:57

    Magnifique reportage qui donne envie de partir et testez ses limites.

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